Décryptualité du 7 mars 2021 - Faire communauté fait décoller les projets libres

lfievet2
, 09/03/2021 | Source : APRIL (Actualités)

Écouter le décryptualité
(15minutes)

podcast OGG

Cette semaine encore, l'actualité est marquée par des questions de sécurité, l'occasion de rappeler que le libre ce sont aussi des communautés qui fonctionnent d'autant mieux qu'elles partagent les mêmes objectifs et échangent dans la confiance. Decryptualité sur Mastodon Musique de l'indicatif : Sebkha-Chott - CRPTS ND TPSTRZ - KHOLIK NEFAEHRTITIK

Décryptualité du 7 mars 2021 - Faire communauté fait décoller les projets libres

lfievet2
, 09/03/2021 | Source : APRIL (Décryptualité)

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Cette semaine encore, l'actualité est marquée par des questions de sécurité, l'occasion de rappeler que le libre ce sont aussi des communautés qui fonctionnent d'autant mieux qu'elles partagent les mêmes objectifs et échangent dans la confiance. Decryptualité sur Mastodon Musique de l'indicatif : Sebkha-Chott - CRPTS ND TPSTRZ - KHOLIK NEFAEHRTITIK

Revue de presse de l'April pour la semaine 9 de l'année 2021

echarpentier
, 08/03/2021 | Source : APRIL (Actualités)

Cette revue de presse sur Internet fait partie du travail de veille mené par l’April dans le cadre de son action de défense et de promotion du logiciel libre. Les positions exposées dans les articles sont celles de leurs auteurs et ne rejoignent pas forcément celles de l’April.

[l'Humanité.fr] Sécurité. Les cyberattaques, une menace tout sauf virtuelle (¤)

✍ Pierric Marissal, le .

[LeMagIT] Changement de licence open source: comment s’en prémunir

✍ Gaétan Raoul, le .

« Libre à vous ! » sur radio Cause Commune (9 mars 2021)

ivanni
, 08/03/2021 | Source : APRIL (Actualités)

9 Mars 2021 - 15:30
9 Mars 2021 - 17:00

Photo d'illustration de l'émission

97e émission Libre à vous ! de l'April en direct sur radio Cause Commune 93.1 FM et DAB+ en Île-de-France, et sur le site web de la radio, mardi 9 mars 2021 de 15 h 30 à 17 h. Le podcast de l'émission et les podcasts par sujets traités sont disponibles dès que possible, quelques jours après l'émission en général.

Au programme :

  • sujet principal : QGIS (système d’information géographique convivial distribué sous licence publique générale GNU), avec Régis Haubourg, président de l'association OSGeo-FR (représentation francophone de la fondation Open Source Geospatial) et Vincent Picavet, directeur d'Oslandia (société de service en logiciel libre spécialisée dans les systèmes d'information géographique et éditeur de QGIS). Sujet animé par Jean-Christophe Becquet, vice-président de l'April.
  • la chronique « Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture » de Marie-Odile Morandi, animatrice du groupe Transcriptions et administratrice de l'April, portant sur le sujet « Le logiciel libre à la Gendarmerie nationale »
  • la chronique « Le Libre fait sa comm' » d'Isabella Vanni, coordinatrice vie associative et responsable projets à l'April, avec une présentation du nouveau projet du groupe Sensibilisation « La Boussole du Libre », un outil pour orienter les personnes souhaitant reprendre le contrôle de leur informatique.
  • quoi de Libre ? Actualités et annonces concernant l'April et le monde du Libre

Nous contacter pour poser une question :

Intervenir pendant le direct (mardi 9 mars 2021 de 15 h 30 à 17 h 00) :

Écouter le direct mardi 9 mars 2021 de 15 h 30 à 17 h 00   S'abonner au podcast S'abonner à la lettre d'actus

Les ambitions de l'émission Libre à vous !

La radio Cause commune a commencé à émettre fin 2017 sur la bande FM en région parisienne (93.1) et sur Internet. Sur le site de la radio on lit : « Radio associative et citoyenne, les missions de Cause Commune sont de fédérer toutes les initiatives autour du partage et de l’échange de savoirs, de cultures et de techniques ».

Nous avons alors proposé de tenir une émission April intitulée Libre à vous ! l'émission pour comprendre et agir avec l'April — d'explications et d'échanges concernant les dossiers politiques et juridiques que l'association traite et les actions qu'elle mène. Une partie de l'émission est également consacrée aux actualités et actions de type sensibilisation. L'émission Libre à vous ! est principalement animée par l'équipe salariée de l'April mais aussi par des membres bénévoles de l'association et des personnes invitées. Donner à chacun et chacune, de manière simple et accessible, les clefs pour comprendre les enjeux mais aussi proposer des moyens d'action, tel est l'objectif de cette émission hebdomadaire, qui est diffusée en direct chaque mardi du mois de 15 h 30 à 17 h.

Les archives de l'émission

Écouter les émissions précédentes

MaDada : exigeons les documents de la Technopolice

alouette
, 08/03/2021 | Source : La Quadrature du Net

MaDada.fr est une plateforme web citoyenne, ouverte à tous, qui facilite et permet à tout un chacun de faire des demandes d’accès aux documents administratifs. Demandons les documents de la Technopolice partout autour de nous, exigeons la transparence, afin de mieux lutter contre ces dispositifs.

La campagne Technopolice vise à analyser et documenter les dispositifs de surveillance policière qui se propagent dans nos villes et nos vies, afin de mieux les contrer. Ce travail de veille et de recherche d’information, nous l’effectuons ensemble, de façon décentralisée, le forum Technopolice, ouvert à tous, nous servant de lieu où nous nous retrouvons, et où toutes ces informations se croisent, s’échangent et sont analysées collectivement. Le site data.technopolice.fr est lui un lieu de sauvegarde et d’organisation des documents issus de nos recherches.

Ces recherches et analyses nourrissent nos actions pour contrer la surveillance : elles nous aident à porter et appuyer des contentieux, à organiser des actions collaboratives (carte de la Technopolice, lettre ouverte pour les municipales) ou des actions de sensibilisation (expositions et ateliers Technopolice à Avignon, Marseille ou Nice ). Lire notre boîte à outils pour en savoir plus sur nos outils et modes d’actions.

Une source très importante d’informations pour la campagne Technopolice sont les « demandes d’accès aux documents administratifs », (parfois appelées « demandes CADA » par abus de langage, du nom de l’autorité chargée de rendre des avis sur la communicabilité des documents administratifs). La Technopolice avance vite, se répand et évolue en permanence, mais elle avance masquée, sans études préliminaires, sans débat ni concertation citoyennes et dans un manque profond de transparence et de démocratie. C’est à travers des informations recueillies par des demandes CADA que nous avons pu attaquer et faire interdire les portiques de reconnaissance faciale à Marseille et Nice, ou bien que l’écoute sonore à Saint-Étienne est apparue délirante.

Faisons valoir notre droit d’accès aux informations publiques

L’article 15 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 mentionne que « La société a le droit de demander des comptes à tout Agent public de son administration ». Le droit d’accès aux informations publiques est donc un droit constitutionnel. Ce droit est précisé et garanti par la loi n° 78-753 du 17 juillet 1978, codifiée au livre III du code des relations entre le public et l’administration (CRPA), qui institue le principe de la liberté d’accès aux documents administratifs à toute personne qui en fait la demande.

Notre Guide de demandes CADA vous propose un modèle de lettre et donne des indications détaillées sur la rédaction des demandes de documents administratifs.

MaDada.fr : une plateforme collaborative qui facilite les demandes

Une fois que l’on a identifié la demande à faire, les documents à demander et l’administration à laquelle l’adresser, on peut passer par Ma Dada. Il s’agit d’une plateforme web citoyenne, initiative de l’association Open Knowledge Foundation France, qui permet d’acheminer les demandes en maintenant à jour l’annuaire des administrations, d’y recevoir les réponses éventuelles, de recevoir des notifications en cas de dépassement des délais légaux de réponse et d’effectuer les rappels et les recours amiables dans ce cas. Elle permet le suivi des demandes, la duplication de celles-ci et l’envoi de demandes en série à plusieurs administrations à la fois (demandes par paquets de la fonctionnalité avancée MaDada++). En cas de non réponse après le délai légal d’un mois, afin de faciliter la saisine de la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA), elle permet d’avoir accès à l’échange complet de la demande via son lien web public, ou d’en exporter une copie dans un fichier PDF.

Par défaut, les demandes sur Ma Dada sont publiques, leur réponses également. La plateforme joue ainsi le rôle d’une base de connaissances ouverte collective, un document demandé par un utilisateur profitant à tous les autres. Certaines peuvent néanmoins être rendues privées (fonctionnalités avancées MaDada++) pour les besoins d’une enquête ou d’analyse avant publication, ou pour celles et ceux qui ne souhaitent pas s’exposer.

Une demande d’accès aux documents administratifs doit obligatoirement comporter l’identité de la personne qui en fait la demande ou, pour une association, le nom de l’association et son numéro RNA. Ainsi, si dans le cadre de la campagne Technopolice vous souhaitez faire des demandes tout en restant anonyme, n’hésitez pas à nous l’indiquer sur le forum Technopolice. Ma Dada peut également, sur demande ou signalisation, censurer des informations personnelles qui paraissent sur le site.

Mettons à nue la Technopolice

Pour la Technopolice, nous avons commencé à utiliser Ma Dada. Il est ainsi possible s’inspirer de demandes existantes : en voici par exemple une qui demande tous les documents relatifs à l’audit du système de surveillance à Marseille ; ou encore une autre concernant la sécurité des grands événements et des JO de Paris 2024 . Voici également cette demande par paquets adressée à chacune des villes de la Technocarte pour y obtenir les arrêtés préfectoraux d’autorisation des emplacements des caméras de surveillance.

Restez connectés, nous publierons dans les jours qui viennent différents exemples et résultats d’analyses de demandes CADA qui nous ont été utiles dans la campagne Technopolice !

Khrys’presso du lundi 8 mars 2021

Khrys
, 08/03/2021 | Source : Framablog

Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.

Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)

Brave New World

Spécial France

Spécial média et pouvoir

Spécial on gère comme des pieds (et à la néolibérale)

Spécial répression, racisme, violences policières…

Spécial Résistance(s)

Soutenir

  • Individualisation de tous les minima sociaux (petitions.senat.fr)

    Une défamilialisation des minima sociaux entrainerait leur augmentation mécanique pour de nombreux foyers. Si une telle mesure serait loin de suffire à résoudre tous les problèmes […] elle constituerait cependant une étape symboliquement importante, qui consacrerait le primat de l’autonomie de l’individu sur les déterminismes familiaux, et l’engagement collectif de la société pour l’égalité femmes-hommes.

Spécial GAFAM et cie

Les autres lectures de la semaine

Les BDs/graphiques/photos de la semaine

Les vidéos/podcasts de la semaine

Les autres trucs chouettes de la semaine

Deux personnages prennent le café. Le personnage de gauche dit : Pfouh toujours aussi dense, le 'presso... - la personne de droite répond : Yep, c'est qu'il s'en passe des trucs, en une semaine !!!
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.

Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).

Réunion du groupe de travail Sensibilisation lors de l'« April Camp » - samedi 6 mars 2021 à 14 h 00 (accueil dès 13 h 45) à distance

ivanni
, 05/03/2021 | Source : APRIL (Actualités)

6 Mars 2021 - 14:00
6 Mars 2021 - 16:00

Logo du groupe de travail Sensibilisation de l'April

Le groupe de travail Sensibilisation

Le groupe de travail Sensibilisation de l'April a pour vocation de proposer des outils de communication permettant de sensibiliser un plus large public aux enjeux du logiciel libre et des formats ouverts. La participation aux activités du groupe est ouverte à tout le monde (membre de l'April ou pas) : n'hésitez pas à nous rejoindre en vous inscrivant sur la liste de discussion.

À compter de mars 2021, le groupe Sensibilisation se réunit un jeudi sur deux à 17 h 30 (d'autres réunions ponctuelles peuvent être organisées au cours de l'année). Il est possible de participer aux projets du groupe en dehors des réunions : vous pouvez consulter la liste des projets en cours. Merci de signaler vos contributions en écrivant un message à la liste de discussion. Vous pouvez aussi proposer de nouveaux projets !

Informations pratiques sur la réunion

Une réunion du groupe Sensibilisation aura lieu samedi 6 mars 2021, en visioconférence, à l'occasion de l'April Camp. Horaires : dès 14 h 00 et jusqu'à 16 h 00 (accueil à partir de 13 h 45). Il sera possible de rejoindre la réunion à tout moment.

Ordre du jour : nous continuerons à élaborer le projet la Boussole du Libre, un outil pour orienter les personnes souhaitant reprendre le contrôle de leur informatique, déclinable en format papier et page web.

Pour tous les détails et vous inscrire à la réunion, rendez-vous sur le pad. Si vous prévoyez de rejoindre la réunion après 14 h 00, merci de préciser votre horaire d'arrivée en plus de votre nom/pseudo.

La police en hélicoptère, ou la surveillance militaire des citoyens

martin
, 05/03/2021 | Source : La Quadrature du Net

Ce article a été d’abord publié sur le blog de notre site de campagne Technopolice.

Depuis plusieurs années, les hélicoptères de la gendarmerie sont régulièrement déployés pour des missions de surveillance de l’espace public, et ce en toute illégalité. Dotés d’un matériel d’abord développé dans un contexte militaire, la police se vante de leur capacité d’espionnage bien supérieure à celles des drones : caméras thermiques avec zoom ultra-puissant, suivi automatisé des suspects, transmission en temps-réel des images à des postes de commandement…

Leur usage n’a pourtant jamais été sanctionné – ni par le juge ni par la Cnil. Le gouvernement veut maintenant les légaliser dans la PPL « Sécurité Globale » – dont les débats ont repris début mars au Sénat.

Difficile de remonter aux premières utilisations d’hélicoptères par la police à des fins de surveillance de l’espace public. En octobre 2000, une question écrite au Sénat laisse déjà deviner une utilisation régulière d’hélicoptères équipés de « caméras vidéo thermiques embarquées » par la police et la gendarmerie.

Aujourd’hui en tous cas, la police et la gendarmerie sont fières de leurs capacités de surveillance. Pendant le confinement, elles vantaient ainsi que l’hélicoptère « ne peut être ni vu ni entendu par les personnes au sol » et est doté de caméras « capables de deviner à des centaines de mètres la présence d’êtres humains ou d’animaux ». En 2018, il était précisé que la caméra pouvait même « identifier un individu à 1,5 km de distance » avec retransmission « en direct et suivi depuis le centre interministériel de crise du ministère de l’Intérieur ».

En 2017, le commandant des « forces aériennes de la gendarmerie nationale » parle d’un « énorme zoom qui permet de lire à 300 mètres d’altitude une plaque d’immatriculation située à un kilomètre, d’identifier une personne à 2 km et un véhicule à 4 km », précisant qu’il peut « demander à la caméra de suivre automatiquement un objectif, quelle que soit la position ou la trajectoire de l’hélicoptère ».

Un matériel militaire pour de la surveillance interne

Plus que le type d’hélicoptère utilisé (apparemment, des « EC-135 » que la gendarmerie prête à la police quand celle-ci en a besoin), c’est le type de caméra qui importe.

Depuis au moins 2010, la gendarmerie utilise un dispositif nommé « Wescam MX-15 » – qui n’est même plus qualifié de « simple caméra » mais de « boule optronique ». C’est cet objet, avec sa caméra thermique et son zoom surpuissant, qui permet à la police de filmer, traquer, identifier (de jour comme de nuit) et de retransmettre en direct le flux vidéo, avec une « qualité d’image comparable à celle que le public connaît pour le Tour de France ».

C’est un appareil clairement militaire, utilisé dans des zones de guerre et répertorié en tant que tel sur des sites d’armement. Il est pourtant déployé depuis plusieurs années au-dessus des villes en France. Comme pour d’autres outils de la Technopolice (drones, vidéosurveillance automatisée…), il y a encore ici cette porosité entre les technologies militaires utilisées dans les pays en guerre, celles expérimentées aux frontières et celles déployées pour la surveillance des villes – soit une militarisation progressive de nos espaces publics.

Pour le futur, les hélicoptères devraient être équipés chez Safran, avec une « boule optronique » dite « Euroflir 410 » : un zoom encore plus puissant, des détecteurs de mouvement, un ordinateur intégré… Bref, un ensemble de technologies que la police ne manquera pas d’utiliser pour nous espionner au plus près. Comme pour les drones, ce type de technologies couplé à de l’analyse logicielle des images concrétise la société fantasmée par le ministère de l’Intérieur dans son


livre blanc publié en novembre dernier : celui d’une surveillance automatisée et totale. L’objectif est que ce nouveau dispositif soit « opérationnel avant les JO de Paris 2024 ».

Surveillance des manifestations et identification des « suspects »

Les utilisations des hélicoptères semblent encore plus larges que celles des drones : surveillance du confinement et des manifestations, surtout pendant celles des gilets-jaunes. En mars 2019, la gendarmerie annonce d’ailleurs avoir effectué 717 heures de vol au-dessus des manifestations, pour un coût total de 1 million d’euros.

En 2010, déjà, la gendarmerie se vantait de sa surveillance des manifestations, car les hélicoptères sont, selon elle, «  les mieux placés pour détecter les débordements, incidents ou intrusions dans les cortèges » avec des « images transmises en direct dans les salles de commandement (…) permettant aux responsables de faire intervenir immédiatement les effectifs au sol ».

Au-delà de le surveillance des machines, c’est aussi sur leur capacité d’intimidation que mise la police quand elle dit « faire du bruit » au dessus des manifestations ou qu’elle multiplie les survols menaçants et continus au-dessus des ZAD.

Illégalité et impunité de la surveillance

Tout ce pouvoir de surveillance n’a jamais été, et n’est toujours pas, encadré par le moindre texte de loi. Il n’existe aucune limite à ce qu’a pu faire et ce que peut faire aujourd’hui la police en termes de surveillance de la voie publique par hélicoptères : durée de conservation des données, types de lieux pouvant être filmés, accès aux images, information sur la captation…

C’est exactement la même illégalité que nous avions soulevé concernant les drones et qui a conduit à leur interdiction en France, par le Conseil d’Etat d’abord, par la Cnil ensuite : l’absence de texte législatif ou réglementaire permettant à la police de capter des données personnelles. Rien de tel malheureusement pour les hélicoptères : malgré leur utilisation régulière, aucune autorité n’est venue rappeler le droit à la police.

Le gouvernement, les parlementaires et la police en sont bien conscients. Ils veulent donc profiter de la proposition de loi « Sécurité globale » pour légaliser le dispositif – plusieurs dizaines d’années plus tard.

La proposition de loi « Sécurité globale » revient en ce moment devant le Sénat. En plus d’intensifier la vidéosurveillance fixe, elle veut légitimer la vidéosurveillance mouvante : les drones, les caméras-piétons, les caméras embarquées et donc, les hélicoptères. Les parlementaires doivent refuser la militarisation de la surveillance de l’espace public.

Libre en Fête 2021 : découvrir les logiciels libres à l’arrivée du printemps

ivanni
, 05/03/2021 | Source : APRIL (Actualités)

Initiée et coordonnée par l’April, l'initiative Libre en Fête revient pour la 20ème année consécutive. Pour accompagner l’arrivée du printemps, des événements de découverte des logiciels libres et de la culture libre en général sont proposés par plusieurs organisations en France autour du 20 mars. L'édition 2021 de Libre en Fête aura lieu du samedi 6 mars au dimanche 4 avril 2021.

Bannière du Libre en Fête 2021

Les logiciels libres sont des logiciels que chaque personne peut utiliser, étudier, copier, modifier et redistribuer à volonté et en toute légalité. De la même façon, les services en ligne basés sur des logiciels libres appartiennent à ceux et celles qui les utilisent : chaque personne ou organisation peut s’en emparer, les adapter à ses besoins, les héberger en éditant ses propres règles...

En participant aux événements du Libre en Fête, le grand public est invité à découvrir les avantages du logiciel libre : son inscription dans une logique de bien commun accessible à toutes et à tous, son aptitude à favoriser la diffusion et le partage de la connaissance, ses valeurs d'entraide et de coopération comme en témoigne une communauté vivante prête à accompagner les personnes souhaitant s’émanciper informatiquement.

À ce jour, une trentaine d'événements sont déjà référencés dans le cadre du Libre en Fête, notamment des ateliers d'initiation à un logiciel ou à un service libre, pour apprendre à libérer son informatique dans ses pratiques quotidiennes comme dans des usages plus spécifiques.

À l'heure où nous publions ces lignes, nous ne savons pas si des événements en présentiel pourront avoir lieu autour du 20 mars ; c'est pour cette raison que nous avons encouragé les organisations souhaitant participer à l'initiative Libre en Fête à prévoir, quand cela est possible, des événements de secours en ligne.

La place de l'informatique est devenue centrale dans nos vies, nous l'avons vu d'autant plus dans ce contexte de crise sanitaire où le recours aux services en ligne a été massif. Pourquoi devrions-nous nous laisser renfermer dans des solutions opaques, privatrices de libertés, qui aspirent nos données personnelles, quand il existe des alternatives libres, loyales, respectueuses des utilisateurs et utilisatrices et de leurs données ? Le Libre en Fête se veut justement une occasion destinée au grand public pour lui permettre de découvrir et de s’initier aux logiciels et services libres, brique essentielle pour le contrôle de nos équipements informatiques et de nos données à l’ère numérique, rappelle Isabella Vanni, coordinatrice de l’initiative Libre en Fête.

Pour la première fois cette année, la Semaine québécoise de l'informatique libre, événement majeur de promotion du logiciel libre dans l'espace francophone se déroulant traditionnellement en septembre, se syncrhonise avec le Libre en Fête pour démarrer officiellement elle aussi le samedi 6 mars 2021, avec une programmation 100% en ligne.

Vente forcée matériel-logiciel : quand l'exercice d'un droit relève de l'exploit individuel, les règles doivent changer

egonnu
, 05/03/2021 | Source : APRIL (Actualités)

En décembre 2020, le « tribunal ordinaire » de Monza, en Italie, a confirmé le droit de se faire rembourser le coût de la licence de Microsoft Windows sur l'ordinateur dont on a fait l'acquisition, et a condamné Lenovo à payer 20 000 € de dommages et intérêts au demandeur, Luca Bonissi, pour procédure abusive. Une belle victoire, à l'issue d'un périple judiciaire courageux, par un militant du logiciel libre, et une démonstration manifeste de la nécessité de lutter avec détermination contre les pratiques de vente forcée matériel-logiciel et de faire évoluer les règles du jeu.

Refusant de payer pour la licence du système d'exploitation Windows de Microsoft pré-installé sur l'ordinateur de la marque Lenovo qu'il a acheté en mars 2018, et dont il ne voulait pas, Luca Bonissi a demandé le remboursement de cette licence auprès du constructeur. Face aux refus répétés de Lenovo, il a entrepris une procédure judiciaire qui s'est conclue, suite à un appel de l'entreprise, par la reconnaissance par le juge du droit au remboursement de la licence et par la condamnation de Lenovo pour procédure abusive 1.

L'issue du procès est bien sûr une belle victoire d'un militant libriste déterminé à faire valoir son droit au remboursement de la licence d'un logiciel privateur2. Elle est aussi la reconnaissance importante de l'asymétrie des forces et des pratiques déloyales et agressives d'un constructeur comme Lenovo qui n'hésite pas à sortir la grosse artillerie juridique pour décourager ses clients à exercer leur droit. Une situation malheureusement confortée en 2016 par la Cour de Justice de l'Union européenne qui avait consacré les racketiciels, obligeant les personnes à faire face à ces procédures très lourdes. Combien de personnes iraient au bout de cette démarche pour se faire rembourser une licence de quelques dizaines d'euros ?3 Quand l'exercice d'un droit relève de l'exploit individuel, peut-on vraiment se satisfaire du statu quo ?

Ne nous y trompons pas, s'il est effectivement juste – légalement comme éthiquement – que toute personne puisse se faire rembourser la licence d'un logiciel pré-installé qu'elle ne souhaite pas, rien ne justifie que cette charge porte sur elle. Une situation d'autant plus inacceptable, tant de la part des constructeurs et des revendeurs que des pouvoirs publics qui tolèrent ces pratiques, qu'il existe des solutions simples et connues de longue date, comme un système de clef d'activation. L'April défend à ce titre « l'optionnalité » qui renverse cette charge sans interdire la pré-installation de logiciels : les logiciels sont en option (comme tout autre service) et les consommatrices et consommateurs peuvent décider de les acheter ou non avec la machine. Ceci entraîne, le cas échéant, un paiement supplémentaire pour les logiciels lors de l’achat.

Les pouvoirs publics portent leur part de responsabilité de par leur complaisance face à ces pratiques. Imposer l'achat d'une licence logiciel avec un matériel informatique doit être reconnu pour ce que c'est : de la vente forcée. Contrairement à de la vente liée, dont le caractère déloyal s'apprécie au cas par cas, la vente forcée est réputée déloyale en toutes circonstances 4. Elle est donc interdite en tant que telle, ce qui allège considérablement la charge de la preuve en cas de recours. Une action politique globale, systémique, est indispensable pour lutter contre ces pratiques prédatrices. Il faut des règles claires – allant d'une juste qualification de la pratique à un droit à l'information effectif – ainsi que l'implication et les moyens donnés aux autorités de la concurrence et de protection des consommateurs et consommatrices.

Bravo à Luca Bonissi pour sa détermination à mener cette action courageuse, avec succès. Une belle victoire qui aura demandé plus de deux années de procédure. Si Lenovo dans les faits est à juste titre condamnée, les règles doivent changer. L'April reste mobilisée pour lutter contre les pratiques de vente forcée matériel-logiciel.